TAO du pays des sources est un livre de Patrick Prigent.

 

Préface de Marc Menu.

 

Parution en décembre 2022.

 

 

TAO du pays des sources est un poème qui questionne le langage, la pertinence de dire, l'utilité d'écrire, ou pas. 

 

Mon poème doute de la poésie. Jusqu'ici rien de neuf, on appelle ça la poétique. Terme que je redoute sinon fuis.

 

Chaque page est construite en miroir. D'abord un quatrain en police romaine qui plupart du temps exprime une pensée, puis en italique sous forme de tercet la recension d'une réalité forcément plus prosaïque.

 

Cependant j'ai voulu ne pas en faire un système, un procédé, une poétique. Il arrive au miroir de s'inverser.

 

Quand je dis "J'ai voulu" je devrais dire plutôt " j'ai voulu rester honnête, sincère", avouer à la fois ma volonté d'un retrait du logo au profit d'une "présence pure" et ... mon échec.

 

Pourquoi " .... du pays des sources " ? 

 

Parce que c'est ici que je vis, dans ma Bretagne intérieure aux frontières hydriques et floues. Parce que cet "ici" est la matière où je puise. Il me semble important, dans un ensemble qui prétend opposer ou aligner la psyché au réel, d'indiquer par endroits dont le titre la géographie du propos. La dernière page est sur ce point assez éclairante.

 

C'est pour tout cela que je vous soumets mon manuscrit qui, vous l'aurez compris, n'est pas une relecture de Lao Tzeu (quoique ...); mais la tentative nerveuse, douloureuse, souvent fébrile, parfois lucide autant que faire se peut de différencier entre ce que je suis, voudrais être et ce que je vis.

 

Ce recueil refuse sa place. Il dit Non, il dit "Ici et maintenant/je suis toujours/ailleurs/en d'autres temps".

 

Ce poème, ce manuscrit, est tout entier sa propre contre-culture.

 

 

Patrick Prigent.

 

 

 

Entretien entre l'éditeur et l'auteur.

 

Philémon le Guyader : pourquoi dites-vous poèmes ?

 

Patrick Prigent : j'ai toujours dit poème pour un ensemble. 

 

Tant pis. Je dis "Poème" car je ne détache rien de l'ensemble d'une expérience vécue. Je ne suis pas séquencé. J'appartiens à mon continuum. Cela les éditeurs ont du mal à comprendre. Je n'écris pas des poésies. Je suis le poème.

 

Et le poème est moi. Même celui qui ne sera jamais écrit.

 

C'est d'une radicalité hyper exigeante.

 

À laquelle je n'atteindrai peut-être jamais mais c'est ce vers quoi je tends et rien d'autre.

 

 

 

Renseignements complémentaires prochainement.